~^ Molly *~ [[*Titre provisoire]]
Tranche de Vie
~^ Molly *~ [[*Titre provisoire]]
Catégorie :
Tranche de Vie
Créé le :
13 juin 2006 13h48 par ReveuZzs
Modifié le :
01 déc. 2006 16h46
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Description :
Hum hum... Voici ma magnifique eaovre littéraire (En construction ^^) C'est l'histoire d'une jeune fille, Molly, des siecles auparavant, et de son jeu de cache avec... L'amour, peut etre ?! On verra bien, de toute manière j'improvise... ^^ Bonne lecture, et evidemment, no copy, et les coms sont... approuvés ;)
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| Créé le : |
13 juin 2006 13h56
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Article posté par : |
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Il est tard. La lune brille, irradie, au dessus de sa tête, et le banc est froid dans son dos. Les rosiers et les plantes grimpantes sont bleus, dans la nuit, et sa cape noire ne suffit pas à la réchauffer. Pourtant, elle reste la, à fixer les étoiles, en attente. De quoi, elle ne sait pas. Elle attend longtemps, un signe, une voix, un geste. Mais rien ne vient. Alors, elle se lève sans bruit, et dans un froufrou de tissus, elle se glisse dans le château, jusqu'à sa chambre. C’était un bâtiment rude, de pierre brute, froid et sombre. Un monstre carré planté sur une colline au dessus du village, plein de coins sombres, de craquements incongrus, de torches éteintes. Elle frissonne un peu, pour rejoindre la place des domestiques, respire a peine, de peur qu’on la découvre. Elle n’étais pas autoriser a sortir de hors, et surtout pas dans les jardins privés des souverains. Elle depose la cape a capuche sur une chaise et se glisse entre les draps rêches, sur la paillasse de paille. Le lendemain, alors que la salle commune est pleine d’un brouhaha enchanteur, elle s’affaire dans les cuisines surchauffées. Elle s’essuie les mains sur son tablier qui fut, un jour lointain, immaculé. - Molly ! Va servir le plat suivant, tu veux ?! Elle ne se fait pas prier. Elle adore entrer dans la grande salle, écouter les discussions, les éclats de rire, regarder ses bourgeois richement habillés. Ils sont gras ou musclés, imbus d’eux-mêmes, souvent, et elle à parfois bien envie de les gifler. Mais l’ambiance, ah… L’ambiance…ça la fait rêver. Elle depose le plat de viande salée devant le roi, et s’incline, un brin moqueuse. Elle lève la tête et croise un regard vert qui pétille. Elle approfondie son étude. Des cheveux bruns, une carrure grande, carrée. Et un sourire charmeur. Elle sursaute. Se retourne furieusement et presse le pas vers les cuisines. Personne n’a remarqué son comportement outré. A part le jeune homme brun, qui ouvre des yeux étonnés. Cette servante aurait elle dédaigné le regard du fils du seigneur ?! Quel culot ! Cet idiot de bourge la reluquait outrageusement, et ne s’était même pas excusé ! Elle jure tout bas et son couteau dérape. Son doigt saigne. -Flûte ! Elle porte la main à sa bouche et replonge dans ses pensées ombrageuses de poupée futile. Elle est coléreuse, mais ce qu’elle ne veux pas s’avouer, trop fière, c’est qu’elle est aussi flattée que le fils du seigneur l’ai regardée un peu plus longtemps que de rigueur. Mais, ce soir, elle ne retournera pas dans la salle. Elle risquerait de rougir, et ça, elle déteste. Surtout devant un dragueur de la sorte. Elle s’acharne donc à découper rageusement les carottes, le front plissé. -Molly, on a besoin d’une main secourable pour le prochain plat ! -Désolée, Marianne, mais je suis occupée. Le ton est revêche, Molly lève un regard de défi vers la femme maigre et sèche qui lui parle. -Dépêche toi, insolente ! Une petite gifle plus tard, la servante se glisse dans la salle, serpent discret. Elle depose le plat, et se retourne avant même d’avoir vu les gens a la table. Et la, comble du malheur, qui descend les escaliers, en face d’elle ? Le brun au regard fixateur. La jeune fille soupire doucement et ignore le jeune homme. Elle se sent regardée, et court presque vers les cuisines. Quel imbécile, celui la ! Elle remet une mèche ondulée derrière son oreille et retourne couper ses carottes, le cœur lourd. La lune est majestueuse, cette nuit, parfaitement sphérique. Molly l’observe, comme chaque nuit, patiente. Elle caresse du bout des doigts le banc de pierre glacial et resserre la cape sur ses épaules. Le froid la transperce, mais tant pis, le spectacle est trop beau. Elle frotte ses mains l’une contre l’autre, expire un peu d’air opaque et soupire d’aise. -Bonsoir. Elle sursaute. Ne se retourne même pas. Elle est perdue. Elle n’a pas le droit d’être la, elle est découverte, elle va être virée, va devoir voler pour se nourrir et… -Hé ! Ca va aller ? Une main chaude se pose sur son épaule. Molly ne répond rien. Elle pivote un peu et rencontre le regard vert du fils du seigneur. O non ! Pas lui ! La peur fait place à la rage. -Encore vous ? Ne pouvez vous pas le laisser en paix ?! Elle mesure son erreur. Cette fois, elle n’a vraiment plus d’espoir de rester au château ! Le jeune homme fronce les sourcils. - Je n’ai rien fait. Et je ne suis pas dans les jardins privés du seigneur clandestinement, moi. -C’est ça ! Ricane Molly, qui prefere perdre en beauté, faites moi du chantage, maintenant ! Avec vos regards répugnants, vous faites un respectable jeune homme, avouons le ! - Et vous, une belle paranoïaque. Je n’ai fait que regarder une servante maigriotte et sans aucun interet ! S’énerve-t-il a son tour, vous croyez vraiment que je tombais en extase devant votre joli minois ?! Je suis le descendant de Monseigneur Henri, et vous une pauvrette des cuisines, que Diable ! Cette fois, touchée en plein orgueil, Molly se rebiffe, se lève d’un bond. - Pour qui vous prenez vous ? N’avez-vous aucun respect pour personne ? Je suis bien plus qu’une pauvrette des cuisines, d’abord ! Et je vous interdis de m’appeler comme ça ! - Bien, désolé, Molly, mais je n’ai aucun comptes a vous rendre ! - Moi non plus !!! - Si. Vous êtes dans Mon Jardin. Elle devient écarlate. - Comment savez vous mon nom, d’abord ?! Puis, je n’embête personne ! - Qu’importe. Vous n’avez pas le droit d’être la. Même si vous vous êtes fait une romance impossible dans votre petite tête, lâche-t-il avec ironie. Molly pousse un petit cri outré. Elle lève la main pour le gifler, mais vif comme l’éclair, il attrape son poignet. -Lâchez moi. Lâchez ma main immédiatement ! Grince-t-elle. Elle arrache son bras de son étreinte et file comme le vent vers le château, ombre furtive, rêve gracieux. Il la regarde s’en aller. Et soupire de dépit.
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| Créé le : |
13 juin 2006 14h09
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Molly retient un cri de rage, et serre la mince couverture autour d’elle. Le goujat ! L’abruti ! Elle, paranoïaque ? Et lui alors, avec ses regards en coin ? Il prend la grosse tête, le fifils a son papa tout riche ? Elle jure entre ses dents serrées. Malgré son pauvre statut, elle ne se laissera pas marcher sur les pieds ! Et si elle n’est pas renvoyée, elle va se défendre bel et bien de cet imbécile aux yeux hypnotiques ! Elle ferme les yeux et sombre dans un sommeil peuplé d’une voix un peu rauque, douce, qui répétait sans cesse « Molly, Molly »… -Réveille toi, fainéante ! Le ton sec la fait bondir. -Qu’y a-t-il ?! -Le seigneur te demande. Je sais pas ce que ta fait, ma fille, mais t’a interet a être aux cuisines a l’heure, pas traîner dans les couloirs ! Le malappris ! Il l’a donc vendue ! Molly ébouriffe ses boucles brunes et songe avec amertume qu’elle ne va certainement pas revenir aux cuisines de si tôt ! Elle fait un brin de toilette et se rue le plus vite qu’elle peut dans les appartements de monseigneur Henri. Elle frappe humblement. -Entrez, jeune fille ! Elle pousse la porte avec terreur. Le seigneur est bien planté, assis dans son fauteuil moelleux. Des cheveux châtains, un regard bleuté, une barbe fournie, et une carrure carrée de chevalier. Il sourit avec une bienveillance qui sembla suspecte à Molly. Puis elle le remarque. Il sourit aussi, de ce sourire mi sur de lui, mi tendrement moqueur qu’il lui adresse a tout bout de champs. Ses yeux profonds pétillent d’un rire contenu et il s’avance dans la lumière. -Mon fils m’a parlé de vous. Le rouge colore les joues de la jeune servante. -Il vous trouve apte à devenir sa secrétaire. -QUOI ?! Hoquete Molly avec rage. Sir Henri hausse un sourcil. -Il a besoin d’un bras droit, et il voit en vous une intelligence à placer du mieux qu’il peut. Elle lance un regard noir, foudroyant au fils du seigneur, qui lui répond par un clin d’œil enfantin et innocent qui aurait fait fondre une diablesse. Mais Molly se sent bien plus cruelle qu’une diablesse, a ce moment la. -Vous allez donc abandonné les cuisines, dit Henri, un peu surpris de l’échange visuelle des deux jeune gens, et venir vous installer dans une chambre plus appropriée. Vous serez aussi offert des parures plus décentes. -Je ne pense pas que se soit une bonne idée, monseigneur. La voix claque. Le silence prend sa place. -Pardon ? Cette fois, c’est Henri qui a le rouge aux joues. Et son fils prend la parole, avec une ironie si palpable que Molly se retient de le gifler. Plus tard. - Ce n’est pas a vous de décidé, jeune demoiselle, de votre statut. Vous pouvez vous retirer. Elle ne peut rien dire. Elle ne peut pas protester. Après tout, ce boulot est enviable, non ? Mais travailler avec ce goujat va être surhumain. Elle pivote et lance un dernier regard au fils du seigneur. Un regard qui promet qu’il va en voir de toutes les couleurs. Il lui répond promptement avec ses yeux clairs. Et le serment qu’elle y devine est autrement plus doux que le sien. Elle met la robe droite et sobre en vitesse, laisse ses cheveux lâchés dans son dos, contrairement à la tradition. Elle s’en fiche, de la tradition. Elle frappe vite à la porte de chêne de l’héritier vaniteux et entre sans demander la permission. -Damoiselle Molly ! Dit il d’un ton moqueur. -Mais encore ? Le ton est sec. Sans appel. Et pourtant, il n’en a cure. - Comment allez vous, après cette nuit tourmentée de rêves irréalisables ? - De quoi j’me mêle ?! Il rit. De son beau rire rauque et doux qui la fait frissonner. Elle va l’étrangler, si il continue. - Vous êtes drôle. -Pas vous, je vous rassure, monseigneur. A la limite de la politesse. Mais la limite est acceptable, se dit elle avec satisfaction. Il se renfrogne, mais ses yeux brillent toujours. -Bien, Molly. Je m’appelle Tom, et pas monseigneur. -Intéressant, monseigneur. Ce sera tout ? Elle jubile. Il s’amuse de son air d’enfant moqueuse. Il lui adresse un sourire éclatant de sincérité qui la trouble. Elle toussote et rougit. -Euh… Il se lève. Elle se recule à toute vitesse. Il hausse un sourcil rieur puis dit : -Demain matin, Molly. Ici. Elle s’éloigne et claque la porte de toutes ses forces. Elle le déteste. Elle hait son sourire ironique et ses yeux enchanteurs. Cette manie de rire de tout, et de la déconcentrée, aussi. Elle descend vers les cuisines pour proposer son aide, elle s’ennuie, à ne rien faire. Elle ouvre délicatement et s’infiltre. Une grosse femme, rougeaude et rude, Sophie, ricane. -Mais regardez ça ! C’est le petit prodige ! Elle vient nous en mettre plein la vue, avec son joli minois, La P’tite Molly ! La jeune fille tourne a l’écarlate, confuse. -Tu lui a fais quoi, au fils du seigneur, pour qu’il t’engages si vite, espèce de bonne a rien ! Cette fois, Molly redresse le menton. -Il m’a pris pour mes capacités, c’est tout ! Elle sait que ce n’est pas tout a fait vrai, même si les intentions de Tom sont encore obscures. -Prendre, c’est le mot ! La jeune fille serre les poings. Cette Sophie n’est qu’une jalouse imbécile. Elle préfère l’ignorer. Elle se détourne et ouvre la porte lorsque la voix de la grosse servante cingle : -Elle se prend pour une grande dame, la gamine, maintenant qu’elle flirte avec Monseigneur Tom, hein ? Le gloussement qui suit glace les os de Molly. Alors, c’est ça qu’on chuchote au détour des couloirs ? Elle regarde ses anciennes camarades de labeur. Elle est la plus jeune, la plus fraîche aussi. Elle tressaille devant la haine qu’elle lit dans leurs yeux. Et la colère la submerge. Elle hurle : -Je n’ai aucunes vues sur lui !! Tu n’es qu’une médiocre femme a l’esprit limité ! Tu ne supportes pas d’être dépassée, Sophie ?! La gifle claque. Les larmes jaillissent, incontrôlables. Et Molly les essuient, coléreuse, le regard haineux. Elle pousse un juron destiné à la femme rubiconde, et celle-ci s’énerve pour de bon. Tout le monde s’écarte tandis que Sophie bondit sur la jeune fille. Elle lui tire les cheveux, mauvaises, tandis que Molly se débat, trop frêle. -Lâche moi !! Crie-t-elle. Sa tête heurte le sol. Et tout tourne autour d’elle. Le noir remplace la vision de cauchemar des yeux révulsés de son ennemie. Elle plane, elle se sent mal. Les mains grasses de Sophie enserrent son cou avec hargne, et Molly manque d’air. Puis, tout a coup, une voix, et de l’oxygène, de nouveau, empli ses poumons. Les sons criards que produit Sophie disparaissent, et dans sa torpeur, Molly n’entend plus qu’une mélodie rauque. Puis c’est le noir complet. -Molly ? Ses paupières papillonnent. Et un regard clair la fixe avec attention. Elle se relève d’un bond, étourdie et stupéfaite. Elle regarde le jeune homme qui est assis a son chevet. -C’est pas vrai… Elle secoue la tête avec dépit. -Désolée de cette…euh…scène. Je… n’ai pas voulu vous avertir. Elle s’est énervée, moi aussi, puis… - Je vous cherchais. - Ne faites pas de mal à Sophie, elle s’est un peu échauffée mais… - Vous la défendez ? Le ton est incrédule. Cette fille est tellement… étonnante ! - J’ai vécu 6 ans de ma vie avec elle. Ce n’est qu’un petit excès de jalousie. C’est une passionnée ! Sa voix est piteuse, loin d’être convaincue. Tom rit. - Petit, l’excès. Il aurait pu vous coûter gros, mais, tant pis, je ne ferais rien a cette femme désagréable. - Bien. - Vous ne devez pas avoir peur des autres servantes. Si elles vous en veulent, je les renvoient sur le champs ! - Mais vous êtes fous ? S’énerve Molly, outrée, n’avez-vous aucun respect pour les gens ? Tout ne se fait pas avec l’argent et la renommée, que diable ! Il sourit avec malice. Elle l’amuse, enflammée, toute à ses idées d’égalité. Il prend sa main. Elle le regarde avec méfiance, attends qu’il parle. Il dit juste : -Vous ne comprenez pas. -Si ! Je comprends que vous n’êtes qu’un enfant gâté qui vit avec les privilèges depuis sa naissance ! Et qui a perdu tout respect pour les êtres humains ! Crie-t-elle. Il soupire et lâche sa main. -Je fais ça pour vous ! Votre ingratitude en est immorale ! Je suis, quoique vous en disiez, bien plus généreux que vous ne le pensez ! Je ne fais ça que pour votre bien, vos aises, et vous ne faites que m’insultez ! Vous êtes une tête de mule plus butée encore que l’animal lui-même ! Elle garde la bouche ouverte sous l’insulte. Hésite entre les excuses humbles et sympathiques, qui scelleraient leur amitié, et sa fierté démesurée. Elle ne veut pas être amie avec lui. Ce serait trop difficile. Elle se lève d’un bond, le regarde droit dans les yeux, et, orgueilleuse, elle lâche : -Je n’ai pas besoin de vous. Elle sort de la pièce en trombe. Il se laisse tomber dans son fauteuil, jure entre ses dents et murmure d’un air désespéré : -Ca, je n’en doute pas, Molly.
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| Créé le : |
14 juin 2006 12h04
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La robe de velours pourpre. Les jolies ballerines délicates. La coiffe qui enserre sa belle crinière. Elle se regarde dans le miroir, hésitante. Elle ne veut pas faire d’effort pour ce malotru de Tom, mais après tout, c’est pour elle qu’elle se fait belle, non ? Elle est fin prête. Elle sort de sa chambre, toute légère, se façonne un visage froid et impersonnel, puis frappe. La vois rauque, sympathique, lui dit d’entrer. Mais elle reste plantée comme une idiote dans le couloir. Elle n’ose pas. Entrer dans la vie de cet homme qu’elle ne connaît pas, ou très peu. Elle ne peut pas faire ce pas, qui lui semble si gigantesque. Que va-t-il se passer ? « Tu vas travailler, imbécile ! » se sermonne-t-elle. Mais la peur tiraille son ventre. Pourquoi est elle si effrayée ?! C’est cet homme, la, tout près, qui l’emplie de tant de terreur ? Certainement pas. D’ailleurs… -Molly ? Elle sursaute, des boucles s’échappent de sa belle coiffure sophistiquée. Elle secoue la tête et essaie de sourire, un peu glaciale. -Monseigneur ! Excusez moi, je réfléchissais. -Ah oui ? Entrez, allez-y, votre petit bureau vous attends. -Pour moi ? Un bureau ? Ses yeux brillent comme ceux d’une enfant naïve. Elle s’en aperçoit, toussote, et reprend ce visage froid qu’elle s’est imaginé. -Merci, monseigneur. Elle fait une petite courbette, puis se faufile dans la pièce spacieuse. Tout ici est riche, de beau bois, de velours, de soie. Elle soupire, mi envieuse, mi coléreuse. Il le sent. -Ca va. -Où est le travail ? Elle a hâte de se plonger dans ses taches, oublier qu’il est la, oublier qu’il la trouble et qu’elle n’est qu’une idiote sous le charme de ses yeux pales. Elle s’assoit a une ravissante petite table, et admire les enluminures sur les papiers, devant elle. -De la paperasse, chuchote-t-il tout près d’elle. J’espère que cela ne vous ennuiera pas, Molly. -Si vous croyez que coupez des carottes est palpitant, vous vous trompez. Et pourtant je le faisais. -C’est pour vous que je dis ça, répond-t-il, toujours neutre. -Je crois que je vous ai déjà dit que je n’avais besoin de personne. Ni de la pitié, de la charité ou du réconfort de quelqu’un. Je me débrouille très bien toute seule, monseigneur. Elle prend un air fier qui fait ressortir ses yeux ambre. Il n’en peut plus. Pourquoi diable cette fille lui en veut ? Il fait disparaître son sourire, fronce les sourcils, se lève et lâche : -Bon dieu, Molly, que vous ai-je fait ? Vous n’avez besoin de personne, mais cela ne peut pas vous faire du mal, la bonté des gens ? Vous avez un caractère intenable, mais ce que je ne comprends pas, c’est que vous n’êtes comme ça qu’avec moi ! Vous êtes adorable avec tous les autres habitants de ce château, rieuse et câline. Qu’ai-je osé dire a votre magnifique orgueil qui l’aurais monté contre moi ? -Les rêves irréalisables… murmure-t-elle pour elle-même. Il l’entend. -Aurais je donc deviner juste ? Raille-t-il. Elle se lève d’un bond, les yeux flamboyants. -Non ! Vous aussi, vous êtes buté ! Je vous déteste ! Il ne montre pas que la réplique l’a touché. Il préfère l’ignorer, coléreux. -Ne pouvez vous pas me parler plus… gentiment ? Vous savez bien que vous ne me détestez pas. -Ah oui ? Qu’est-ce qui vous fait croire que je ne sais plus démêler mes sentiments, maintenant ? Il se tait, ne bouge pas. Elle sent l’angoisse l’envahir, mais elle reste plantée la, attendant une réponse. Elle sait qu’elle tente le diable, et qu’elle va le regretter. Mais son esprit d’aventure, son horrible curiosité la retient, et elle ne fait que le fixer avec une lueur ironique dans le regard. Il s’approche soudain, lentement. Elle retient son pied, contrôlant son besoin impérieux de reculer. Il ne fait que plonger ses yeux dans les siens, ses yeux pales qui la troublent tant. Elle ne s’attendait pas a ça. Elle s’y noie en 1 seconde, impuissante. Elle tressaille, s’agrippe a la raison. Elle veut gagner a tout prit cette œillade hypnotique. Mais elle lâche bientôt prise, perd conscience dans cet océan vert. Elle ne voit pas son sourire, son univers ne tourne plus qu’autour des iris couleur lagon et la mèche brune qui tombe devant l’une des prunelles. Comme c’est beau, comme spectacle. Pourquoi ne s’approche-t-il pas ? Il effleure son bras, fait un pas, en écho avec ses pensées. Elle remonte soudain a la surface, s’éloigne. Elle lui décoche un regard qu’elle veut meurtrier, mais il continue à sourire, mi tendre, mi sarcastique. -Vous ne me détestez pas. Elle ne répond pas. Elle plie la masse de papiers qu’elle avait emporté dans sa chambre. Elle ferme un instant les yeux, arrache sa coiffe, et s’allonge sur le lit. Sa crinière forme un soleil de jais autour de son visage pale, sur l’oreiller de coton. Elle regarde le soleil se coucher, par la fenêtre. Comme c’est beau… le rouge, l’orange, le rose se mélangent en une palette de lumière. Elle imagine un pinceau, une toile, pour faire du monde un paradis au soleil couchant. On frappe soudain à la porte. Elle sursaute, bondit vers le son, tourne la poignée. -Molly ! Dit Tom en souriant. « Oh-Oh » -Euh… monseigneur ? -Vous venez manger ? -Vous voulez dire…à la grande table ?! Sa voix était ahurie, et ses yeux rayonnants. Tout a coup, Tom entr’aperçoit un espoir d’amitié, au moins un peu d’affection. Il sourit avec plaisir et dit : -Evidemment ! Alors ? Il lui tend le bras, et sans même qu’elle n’ai le temps de se modérer, elle pose le sien dessus. Elle lève les yeux vers lui, et se sent rougir sous le regard doux qu’il lui lance -Vous êtes étrange. -Ca ne se dit pas, monseigneur, réplique-t-elle, surprise. Il s’arrête. -Ce n’est pas un défaut. Vous êtes… originale. -Invivable, vous voulez dire ? Il soupire et sourit de son air soucieux. -Un peu, avouons le. Je vous prefere aimable. Elle se tait. Elle se sent intimidée, un peu rougissante devant tant de compliments un peu étonnants. Elle baisse la tête et ne dit rien. Il presse son bras. -Vous êtes flattées ? -Non. -Vous ne voulez pas l’avouez ? Elle rit. Pour la première fois en sa présence, elle rit. Il en est toute chose, éblouie par le son cristallin de son éclat. Elle n’a pas remarquer son changement et répond avec humour : -Vous commencez a me connaître, on dirait. D’accord, je suis peut être un peu fière. Mais… Elle ne finit pas. Elle ne sait pas comment faire. Cet homme la met hors d’elle, l’attendrit, la fait fondre, mais, toujours, lui met la tête a l’envers. Elle ne sait même plus s’exprimer ! -Vous avez peur de moi ? Il se maudit. Ne pourrait-il pas réfléchir avant de parler ?! Maintenant, la belle va prendre la poudre d’escampette avec des éclairs dans les yeux ! Bien, Tom, tu es le roi des imbéciles ! -Je ne pense pas. Elle a d’abord hésiter, balancer, puis mentit. Elle sait très bien qu’elle est morte de terreur, mais elle ne peut lui dire. Encore sa fierté, son orgueil qui n’admet aucune faiblesse ! Ils arrivent, et Tom n’a pas le temps de répondre. Il aurait voulu plaisanter, rire, encore la voir sourire, mais maintenant, la grande salle est bondée, plusieurs paires d’yeux rivés sur eux. Il prefere se taire, pour ne pas intimider Molly, pour ne pas créer d’ambiguïté entre eux. Trop tôt, trop tard, qu’importe, la, seules les apparences comptent. Il serre un peu sa main, elle le regarde de ce regard si brillant qu’il découvre de rares fois dans ses prunelles mordorées. Elle s’habituera a lui. Il le croit profondément. Molly regarde son assiette toujours vide. Pour l’instant, elle n’a pas faim, elle veut juste observer la salle commune. La salle Commune ! Celle qu’elle admire comme une spectatrice depuis si longtemps, elle en est maintenant une des actrices dominantes ! Elle mange a la droite de Tom, et il se montre sympathique et spirituel avec tous les convives. Il virevolte a droite a gauche, juste par les mots, se faufile dans les conversations avec l’aisance d’un grand discoureur. Elle l’admire, le hait, elle ne sait plus. C’est beaucoup trop difficile de ne pas s’attacher a cet être rieur et souriant qui l’amuse et la trouble. Molly essaie d’ignorer cette sensation fort désagréable d’être prise au piège d’une araignée, qui petit a petit tisse sa toile autour d’elle. Elle hausse les épaules. Le repas est bientôt fini, elle sera bientôt dans sa chambre, et la mygale rusée aura disparue. Jusqu'à demain. Elle secoue la tête doucement, désespérée. Que lui arrive-t-il ? Heureusement, Tom se lève, lui tend la main. Sa chambre. Sans la mygale. Vite. -Ca va aller ? Vous êtes pale comme un cadavre. Elle ne se sent pas très bien, mais décide d’en rire. -Votre tact me touche, monseigneur. Vous êtes vraiment subtil ! Il rougit un peu, mais ne dit rien. Il sourie de la remarque, la regarde. Elle est vraiment blanche ! -Votre chambre. -Merci. Elle s’arrête, le fixe. Vite, Molly, vite, fuie ! Mais elle n’est qu’un insecte sans défense. Il s’avance. Elle ne peut plus bouger, empêtrée dans les fils de soie de la toile. Vite, Vite ! L’inévitable se produit. Et la pauvre petite bête, trop hypnotisée par les yeux verts, ne voit pas le coup de grâce venir. Alors que les lèvres de Tom se pose sur les siennes, elle oublie la vision de cauchemar de son corps englué. Elle n’est pas si mal que ça, contre lui. Mais, au bout de deux secondes, elle ne réfléchit même plus. Plus rien n’existe autour d’elle, à part lui. Lui, sa bouche et ses yeux. Elle ne se débat pas, comme il l’aurait prédit. Elle ne s’éloigne pas. Elle se serre contre lui, et répond a son baiser. Elle est bel et bien prisonnière de la toile.
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| Créé le : |
16 juin 2006 10h15
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Molly ouvre les yeux tout a coup. Elle vient de prendre conscience de sa bêtise aigue. Mon dieu, est elle en train d’embrasser passionnément… TOM ?! La colère monte en elle à toute allure. Une salve brûlante parcours son ventre et elle repousse violemment le jeune homme. Il fronce les sourcils, la regarde intensément, silencieux. -Vous n’avez pas honte ? Cries-t-elle -Non, pas spécialement. Il hausse les épaules. Le rouge monte aux joues pales de Molly, et elle frappe du pied inconsciemment. -Vous coincez une pauvre damoiselle dans un couloir, et vous n’éprouver aucun remords ?! Cette fois, Tom ricane méchamment. Il lui en veut. - Pardon ? Qui est la pauvre damoiselle, dans l’histoire ? -Moi, évidemment ! Assure-t-elle. Tom rit franchement, ce qui énerve au plus au point la ‘pauvre damoiselle’ qui se retient de le frapper. -Vous voulez dire que je vous ai forcez a m’embrasser ?! Elle semble hésiter, puis hoche la tête avec aplomb. Il prend sa tête dans ses mains. -Vous êtes impossible. Horripilante, imbuvable et impossible. Et de plus, vous mentez. Vous savez aussi bien que moi que vous étiez consentante. Mais, puisqu’il le faut, j’aurais des remords, comme ça, peut être daignerez vous sourire. En attendant, je m’en vais. Il voudrait la secouer, la torturer jusqu'à ce qu’elle avoue qu’elle lui a rendu son baiser, qu’elle nouait ses bras autour de son cou. Elle le met hors de lui. Il se fait volte face et s’en va vers sa chambre. Molly esquisse un pas derriere lui, indécise. -Tom, attendez… souffle-t-elle d’une voix mouillée de larmes. Il se sent fondre, mais accélères le pas. C’est la seule leçon qu’il peut lui donner. Il lâche par-dessus son épaule, glacial : -Laissez moi tranquille, Molly. Elle stoppe, comme frappée par la foudre. Une minute plus tard, toujours plantée dans le couloir, elle entend la porte de Tom claquer, vibrer entre ses gonds. Il tremble de rage, et si il n’avait pas peur de se casser la main, il frapperait le mur de toutes ses forces. La bouche crispée, il repense à l’aplomb, l’horrible fierté de cette petite servante incompréhensible. Il lui en veut, un peu, mais il veut lui faire peur, ou du moins qu’elle comprenne qu’il y a des limites. Son caractère passionné lui plait, mais il est vexé, touché dans son orgueil de séducteur d’être repoussé avec tant de véhémence. Il tend l’oreille. Elle aussi a claqué sa porte. Cette fois, il est au bord du gouffre. Va-t-elle le rattraper ou le pousser dans l’abysse ? Molly a les yeux dans le vague. Pour la première fois depuis longtemps, elle s’en veut. Ce fils de seigneur n’est pas si malotru. Il est gentil, amical, il la supporte très bien, il est adorable. Et ce besoin de le rabaisser, de lui hurler dessus, d’où vient il ? Elle a bien envie de devenir son amie, tout a coup. Elle aime bien cette personnalité complexe qui semble le caractériser. Il ne prends pas tout a la légère, malgré sa bonne humeur apaisante. Plusieurs fois, se dit elle avec culpabilité, elle a vu dans ses yeux une flamme de joie s’éteindre sous ses piques acerbes. Pourquoi est elle si mauvaise ?! Il ne l’a pas dénoncée, ne la taquine que pour se défendre, la emmener à la grande table, lui a offert un travail, une amitié, aussi. Il a raison, elle est invivable. Butée, méchante et invivable. Pourquoi donc s’échine-t-elle a lui rendre la vie dure alors que lui s’efforce de faciliter son existence ? Elle n’est qu’une égoïste, autant que les gamines gâtées qu’elle exècre. Et lui, comme il l’avait dit au début, est généreux, attentif, travailleur, et a des yeux… des yeux… Euh… Que disait-elle, déjà ? Elle doit aller s’excuser. Sa fierté si lamentable lui ordonne le contraire, mais cette fois, une voix plus forte la pousse vers la porte. Elle noue en une seconde sa chevelure et sort dans le couloir. Elle se précipite vers les appartements de Tom, des phrases repenties plein la tête. Puis elle se souvient qu’il la rejeté quand elle lui a dit de l’attendre. Elle hésite, forme un discours dans son crâne. « Tom, je suis désolée, je ne voulais pas… » Bien sur, qu’elle voulait ! Elle décide d’être franche. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle frappe à la porte. Entre franchise et impulsion, il y a un seuil ! « Je suis très heureuse que vous m’ayez embrassée ! » Elle secoue la tête. De pire en pire. « Oui, bon, je suis un peu froide, mais vous vous y ferez ! » Cette fois, Molly gémit. Quelle horreur ! La franchise s’éloigne a toute allure et ne reste que l’orgueil ! Elle piétine, tourne en rond un quart d’heure durant. Elle a l’air stupide, à marcher au milieu du couloir, et elle le sait. Cela l’agace, mais elle ne veut pas frapper sans avoir un beau speech dans la tête. -Mmmmh… excusez moi ou désolée ? Je lui serre la main, reste plantée devant lui ? Mon dieu… La porte s’ouvre tout a coup, la coupe au milieu d’un murmure idiot. Elle pousse un cri et recule. -Molly ? La voix de Tom est pleine d’espoir, pleine de méfiance aussi. Mais Molly n’hésite pas. Elle se jette sur lui et murmure à son oreille : -Pardon, Tom, Pardon. Le plus beau des discours ne se prépare pas. Et Tom sourit.
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18 juin 2006 12h15
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-Une lettre pour vous, Tom. Il lève la tête, sourit à Molly. Voila 3 jours qu’elle est agréable, travailleuse. Leur amitié grandit, fleurit, et il en est heureux. Il manque une petite chose, mais il ne prefere pas tenter la diablesse qui hiberne en Molly tout de suite. -De qui ? -Une certaine Aglaé. -Ma cousine ? Donnez, je vais lire ça. Molly tends la lettre au jeune homme, puis reprend son étude des doléances du domaine. Elle entends vaguement Tom soupirer, puis se lever, mais reste concentrée dans ses papiers. Elle ne voudrait surtout pas dériver vers cette Aglaé… Qu’est ce qu’il lui prend ? Pourquoi dériverait elle, d’abord ? Cette fille n’est qu’une cousine ! -Elle arrive dans la soirée ! -Pardon ?! Tom marche de long en large. -Aglaé. Elle m’informe qu’elle arrive dans la soirée du 15. Nous sommes le 15, n’est-ce pas ? Molly hoche la tête. Elle n’aime pas trop l’air soucieux de Tom, qui cache a peine la brillance joyeuse de ses yeux. -Je fais préparer une chambre, Tom ? -La bleue et verte, s’il vous plait, Molly. -Celle a coté de la votre ?! Cette fois, Molly n’y tiens plus. Elle n’a pas pu retenir le ton outré et surpris qui a englobé sa phrase. Tom sourit avec un soupçon de malice, acquiesce, puis s’apprête a sortir de la salle. Il s’arrête en ouvrant la porte. - Faites vous belle, ce soir, Molly, Aglaé peut être très mesquine. Il referme ensuite la porte sur lui. Molly ne sent aucune pointe d’angoisse sous la menace. Par contre, l’amertume la submerge. - Parce que je ne le suis pas, belle, maintenant ? Dit elle tout fort, vexée. Molly regarda, bouche bée, le carrosse couleur pêche s’arrêter devant eux. Les chevaux pommelés étaient magnifiques. Elle regarda Tom, qui avait revêtu pour l’occasion un habit de velours azur sublime, et discipliner un peu ses cheveux en bataille. Il était beau. Elle attendit, le cœur battant, que sorte cette pimbêche invisible. Elle sent un picotement d’appréhension. Pourquoi son ami s’est si bien apprêté ? Pourquoi le seigneur a les joues roses d’excitation ? Elle sent la peur l’envahir. Cette ennemie la semble de taille. La porte s’ouvre sous les doigts du valet, et d’abord, elle n’aperçoit qu’une immense jupe dorée pleine de jupons, de froufrous inégaux. C’est déjà un très beau spectacle. Elle observe une fraction de sa robe ambre, de la couleur de ses yeux, longue et fine, élégante et sobre. Elle qui trouvait qu’elle était jolie, elle se découvre maintenant horrible et mal fagotée. Puis, la cousine descend, un sourire éclatant aux lèvres. E Molly reste horrifié devant la beauté exubérante d’Aglaé. Elle a de longs cheveux blonds, raides et fluides, des lèvres ourlées, roses et apetissantes, des grandes prunelles bleues angéliques. Elle a un teint délicat et blanc, les joues colorées d’excitation. Elle a des gestes gracieux, une robe magnifique. Elle est merveilleuse. Aglaé saute littéralement au cou de Tom, puis embrasse avec effusion Seigneur Henri. Apres plusieurs minutes de babillage acharné, elle se tourne enfin vers Molly. Celle-ci repousse ses mèches noires derrière son oreille. Comme elle doit faire souillon a coté de cette femme ! Le regard bleu glisse sur elle. Molly y lit clairement une hostilité contenue. La peur s’envole et la jeune fille répond par une œillade de défi. Peut être passe-t-elle pour une guenon, mais pas pour une pauvre servante soumise. Cette Aglaé va avoir du fil à retordre ! -Et vous êtes ? La voix est suave. Elle fait frissonner Molly, tant elle semble sournoise. -C’est ma secrétaire et amie proche, répond Tom en appuyant sur le proche, Molly. Molly, voici Aglaé, ma cousine. -Très chère cousine, susurre Aglaé. -Ma très chère cousine, imite Tom. Molly rit, et le jeune homme se joint a elle. Un ange passe tandis que les deux jeunes gens pouffent. La cousine fronce les sourcils et toussote. Monseigneur Henri s’est retiré, et elle n’a personne a qui parler pour faire mine de les ignorer. Tout de suite, ils stoppent, se regardent comme des gamins pris en fautes. Aglaé se dirigent vers la salle commune, la tête haute, et ils la suivent comme des chiots. Soudain, Molly s’en rend compte. Elle s’arrête net et lâche. -Je ne me sens pas très bien. Je crois que je vais tout de suite me retirer. Elle ne peut déjà plus souffrir cette cousine. Mais soudain, elle comprend son erreur. Elle va laisser Tom seul, ou presque, avec Aglaé. Et qu’est-ce que ça peut lui faire ? C’est la fierté qui la guide, bien sur. D’ailleurs, Tom la regarde avec inquiétude et propose de la raccompagner. A cette idée, Molly s’empourpre. Elle s’apprête à acquiescer lorsque Aglaé se pend au bras du jeune homme. -Oh, Tom, tu ne peux pas me laisser seule ! Je me sens si dépayser ! Molly lève les yeux au ciel, et regarde Tom se noyer dans les prunelles candides de la pimbêche. Il finit par lui lancer une œillade de pardon puis, il lui souhaite une bonne nuit en lui déposant un baiser sur le front. Elle se sent désespérée, et intercepte le sourire triomphant d’Aglaé. La « Très Chère Cousine » a gagné la première bataille. -Bonjour, Molly ! Il entre dans le bureau en trombe, les cheveux dans tous les sens, et lui demande si elle va mieux. -Très bien. Et avec Aglaé ? -Toujours merveilleusement ! S’écrit il. -Merveilleusement, hein… Ronchonne la jeune fille. Tom dissimule un sourire en tournant la tête et en rajoute une couche. -N’est elle pas magnifique ? -Sublime. Pouvez fermer votre caquet deux minutes que je puisse lire les doléances, qui ma foi son bien plus intéressantes et intelligentes que votre cruche de cousine ? Molly met la main porte la main a sa bouche, écarquille ses yeux dorés et attend sa réaction. Tom est rester un moment bouche bée, puis enfin éclate d’un rire inépuisable. Molly se vexe. -Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle ! Tom lui lance un regard significatif, et dès que son rire s’éteint, il dit en souriant malicieusement. -Vous êtes jalouse. Elle le fixe avec colère, la bouche plissée sous l’affront. Elle ne croit pas a ce qu’elle a entendu. A-t-il osé ?! -Moi ? De cette pimbêche a la chevelure de princesse ? Une imbécile qui ne fais que vous fixer de ses grands yeux couleur ciel dans l’espoir de vous amadouer et de récolter le domaine en même temps ? Oh non, Monseigneur ! -C’est ce que je dis. Même si je froisse votre fierté, avouez le ! -Pourquoi serais je jalouse ? Parce qu’elle est belle ?! dit Molly en souriant avec indifférence. -Parce que je m’occupe d’elle. Cette fois, c’est Molly qui éclate de rire. Un éclat de rire amer, qui tinte bizarrement aux oreilles, qui, bien que cristallin, raisonne de colère. -Cela voudrais dire que j’ai des sentiments pour vous, monseigneur. Et ca, n’y compter pas. Tom se renfrogne. Molly décide, sournoise et rageuse, de lui donner le coup de grâce. -vous croyiez vraiment que je tombais en extase devant vos airs de séducteur ? Vous vous êtes fait une romance impossible dans votre petite tête ? Vous êtes tourmenté de rêves irréalisables ? Mon dieu, Comme je vous plains ! Elle le plante la, sort en claquant la porte, sans remarquer les traits tirés par la colère de Tom.
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